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QUELQUES MINUTES APRES MINUIT, la critique

18/01/2017

 

 

Face à la maladie de sa mère, “plus un petit garçon, pas tout à fait un homme”, Connor O’Malley va faire appel à un monstre pour combattre avec lui sa détresse. Quand la flamme de l'enfance se transforme une dernière fois en brasier pour entrer dans la réalité de la vie.

 

Comme cela a été manifestement le cas pour beaucoup de spectateurs dans la salle, ce film de Juan Antonio Bayona m’a bougé pour véritablement m’épuisé émotionnellement. Attention, nous n’avons pas ici affaire à un film pour enfants, malgré ce que pourrait laisser entendre une partie de la promotion, mais bien à une oeuvre qui explore des thématiques sombres, complexes, violentes par bien des aspects dans son réalisme face à la complexité des sentiments humains. Mais d’où l’on ressort avec le sentiment de s’être libéré de quelque chose.

 

Bien que spectaculaire, par l’utilisation du personnage de l’If, un homme arbre gigantesque interprété par Liam Neeson, Quelque Minutes Après Minuit est avant tout un film centré sur le passage à l’âge adulte dans ce qu’il peut avoir de plus difficile. Seul véritable interlocuteur du jeune garçon, l’If ne sera pas toujours tendre avec lui, cherchant à lui faire exprimer ses émotions dans une forme d’exorcisme cathartique. Oui, le réalisateur laisse exploser des prouesses d'effets spéciaux mais toujours pour se recentrer finalement sur l'intime, le dialogue. Ici aucun effet n'est jamais gratuit.

 

Au delà des interprétations impeccables du jeune Lewis Mac Dougall et de Felicity Jones, J.A. Bayona offre un de ses plus grand rôles à Sigourney Weaver, avec un personnage qui marque la volonté de toujours nous présenter des archétypes de cinéma pour mieux en prendre le contre pied, pour mieux faire apparaître la complexité réelle du monde. Les gens ou les choses ne sont pas simplement bonne ou mauvaise, c'est plus compliqué que ça. Bayona utilise le fantastique, le conte, pour mieux nous expliquer sa vérité, ce qui est tout l’intérêt et la définition première du fantastique.

 

Au final, on pourrait se demander s’il est agréable de visionner ce film. Indubitablement oui, par la beauté de sa mise-en-scène et celle de la vérité qu’il laisse éclater. Comme son personnage principal, on peut se demander pendant un long moment où cherche à nous emmener le film dans ses détours, ses évocations qui semblent souvent n'avoir aucun lien. Jusqu'à un instant précis où le piège se referme sur nous, où dans la salle chacun essuie une larme au coin de l'oeil. La mécanique est imparable et même après avoir lu ces lignes vous ne la verrez certainement pas venir.

 

Comme chez Spielberg, il faut se laisser emporter. Je me rend compte qu'il y a des réalisateurs comme ça, par qui on se laisse prendre par la main. Celui-ci va jouer pendant deux heures avec nos émotions, nous faire rire et parfois pleurer mais c'est toujours pour notre bien. Je pense que l'on peut désormais classer Juan Antonio Bayona dans cette catégorie.
Passé à côté de ses deux précédents longs métrages, L’Orphelinat et The Impossible, je suis vite parti me les procurer chez mon fournisseur préféré. Bien qu’il s’agisse d’une super production ultra calibrée, j’attends désormais avec impatience ce que ce cinéaste fera de la suite de Jurassic World.

 

 

 

 

De Juan Antonio Bayona

 

Avec Lewis MacDougall, Sigourney Weaver, Felicity Jones...

Genres : Fantastique, Drame

Durée : 1h48

 

Date de sortie 4 janvier 2017

 

 

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