L'ASCENSION, la critique

Samy aime Nadia depuis toujours. Mais c’est le genre de mec à se laisser vivre, à lancer des paroles en l’air sans se bouger les fesses pour les réaliser. Il ne va pas au bout des choses, en trouvant toujours la bonne excuse pour expliquer sa galère. Face à une jeune femme qui se donne les moyens de réussir, il s’accroche désespérément pour ne pas tomber dans la crevasse de la Friendzone. Il doit lui prouver qu’il est capable de faire quelque chose de ses dix doigts. “Pour toi, je pourrais gravir l’Everest !!”. Chiche !


Adaptation très libre du livre « Un tocard sur le toit du monde », où un franco-algérien après un tour du monde à vélo racontait son ascension de l’Everest sans aucune expérience, L’Ascension choisit de transformer totalement cette histoire pour en faire une jolie comédie sur le thème de la réalisation personnelle.

Pour ce faire, il prend pour tête d’affiche Ahmed Sylla, jeune humoriste de la génération Jamel Comedy Club. Certains seront peut-être choqués ou déçus de ne pas voir un maghrébin dans le rôle principal, mais d’une part l’histoire n’a plus grand chose à voir avec le récit de base et d’autre part, la production réussi pleinement son objectif de nous présenter avant tout un personnage immédiatement attachant et drôle, et on ne peut vraiment rien reprocher à Sylla de ce côté là. Face à lui, la belle Alice Belaïdi (sexiste si vous voulez mais c’est vrai), talentueuse jeune comédienne qui ces derniers mois devient incontournable dans la comédie française. Très bon choix ! On comprend assez facilement pourquoi il est amoureux d’elle.

On retrouve également, entre autres, le sniper Kevin Razy, ainsi que Waly Dia dans un contre emploi qui me fait penser que étrangement il n’est jamais aussi sympathique que quand il interprète un flic.

A noter également la présence de Nicolas Wanczycki dans le rôle d’un guide bourru, le “français de souche”, qui lui aussi casse agréablement quelques stéréotypes par son ouverture d’esprit.

La palme revient à Umesh Tamang, le sherpa, qui parvient à faire passer toute la gentillesse et la simplicité des népalais, dont on m’a très souvent parlé.

L’Ascension prend le parti de nous présenter Aubervilliers et le Népal comme deux mondes distincts, presque deux planètes avec des codes différents, une autre forme de compréhension du monde, mais des valeurs voisines, universelles. La banlieue n’est pas représentée comme le lieu des conflits sociaux, mais tout simplement comme la maison.

Loin de chez lui, Samy va apprendre à se connaître lui-même, à apprécier sa propre force de volonté qui va le pousser à aller jusqu’au bout, au delà de son histoire d’amour.


Le propos du film n’est pas de parler des problèmes de la banlieue mais bien de mettre en scène ce qu’elle peut parfois représenter de positif. C’est un monde clos, mais c’est aussi une communauté où tout le monde se connaît, où les gens veulent se réaliser. Ca peut sembler simpliste ou idéaliste, mais on est ici pour passer un moment agréable à un niveau humain, pas partir dans des grands discours sociaux. On reste au niveau d’influence du personnage. Il n’est pas là pour changer le monde, mais pour prouver à la jeune femme qu’il aime qu’il en vaut la peine. Car oui, la banlieue a aussi le droit à ses comédies romantiques.

C’est comme ça que le film peut nous capter par son universalité.


Passé ce bon moment, ce que l’on pourrait tout de même reprocher au film c’est sa façon pas peu efficace de représenter la difficulté de l’effort. La verticalité du décor n’est pas vraiment mise en scène. L’Ascension ne parvient pas à exploiter toute son potentiel dramatique. Peut-être un petit complexe d’infériorité face au film américain Everest sorti il y a quelques mois. Au moins, peut-être faute de moyen, il ne fait pas l’erreur de nous servir la bouillie numérique et l’exploit totalement désincarné de son prédécesseur.


De Ludovic Bernard


Avec Ahmed Sylla, Alice Belaïdi, Kevin Razy, Waly Dia, Nicolas Wanczycki, Umesh Tamang...

Genre : Comédie

Nationalité : France

Durée : 1h43min


Date de sortie 25 janvier 2017


© 2017 Les Critiques de Nico. Créé avec Wix.com

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