KONG - SKULL ISLAND, la critique

11/03/2017

Dans les années 70, alors que l’armée américaine est démobilisée du front vietnamien, une unité est choisie pour une ultime mission : escorter une expédition scientifique à la découverte d’une île mystérieuse où l’homme n’a jamais posé le pied.

 

Trois ans après sa tentative totalement inégale de lancer un univers partagé autours des Giant Monsters, la Warner revient avec un reboot de King Kong, bien moins avare que le Godzilla de 2014.

Alors que ce dernier décevait par la présence trop rare du reptile à l’image, dans la volonté désastreuse de distiller ses apparitions, pour finalement nous priver du spectacle promis ; Skull Island va nous montrer Kong, et va même nous le montrer beaucoup, pour notre plus grand plaisir. Résignés, on attend plus forcément des gros studios américains un discours philosophiques vis-à-vis de ces créatures, on vient pour de la baston de monstres et sur ce point Skull Island remplit pleinement son objectif. Car si je compare ce film à Godzilla, c’est bien parce que ces deux créatures se feront bientôt face sur grand écran.

Evidemment, même si j’ai déjà choisi mon camp, je sais que ce combat ne sera que la préparation de l’affrontement d’une plus grande menace.

 

Alors que les précédents films King Kong démarraient sur l’île du Crâne pour finalement emmener la créature dans notre civilisation, afin de démontrer la sauvagerie véritable de notre société, Skull Island choisit de faire de cette exploration une réflexion (relativement légère) sur l’ingérence de la “civilisation” vis-à-vis des mondes inexplorés. Cette aventure met en scène la guerre de trop, dans le prolongement de la guerre du Vietnam, conflit dans lequel les soldats cherchent déjà à découvrir un sens. Skull Island reprend donc les codes de la période, tant au niveau musical, qu’en terme de personnages. L’imagerie choisie évoque directement certains des plus grands films sur le sujet, en premier lieu Apocalypse Now.

 

Qu’en est-il du traitement de notre John Cena simiesque ? Et bien, Skull Island est très généreux comme je l’ai dit. Le film se déroule sur le territoire de Kong, on va donc le croiser très vite et très souvent. Sa mise en scène titanesque en fait véritablement une des créatures les plus impressionnante du cinéma. A travers des plans ultra démonstratifs, il inspire d’abord la peur, puis une compréhension progressive de son rôle sur l’île pour enfin aboutir à une vraie empathie et à un vrai respect.

Sur le plan technique, la qualité des effets est constante. Le gorille est magnifiquement modélisé, tant dans son gigantisme que dans la chorégraphie des combats. Autour de lui les créatures étranges se succèdent dans quelques petites séquences assez efficaces.

 

Ce qui pêche pour moi dans Skull Island, c’est le développement de ses personnages.
Bien qu’il réussisse assez remarquablement la présentation et la constitution de l’équipe, il peine beaucoup à les explorer et à les développer. Même si le film ne tombe pas dans certains pièges assez facile, les liens semblent assez artificiels, et Kong reste le personnage le plus développé. En dehors du spectacle proposé, on ne dramatise jamais véritablement les situations et l’identification aux personnages humains principaux est relativement inexistante. On passe très vite sur les drames, et certaines punchlines viennent trop souvent interrompre les émotions naissantes.

Sur ces points, j’ai l’impression de critiquer un Marvel et c’est très loin de me rassurer sur la suite de cet univers étendu.

J’ai trouvé le casting très discutable dont la moitié appartient d’ailleurs à l’écurie Marvel.

Sans remettre en question son talent, j’ai trouvé que Tom Hiddleston peinait énormément à prendre le leadership attendu du film. Un choix, peut-être galant (probablement économique), pour laisser plus de place à Brie Larson qui n’en avait pas du tout besoin. Elle parvient sans difficulté à aller jusqu’au bout de son personnage même s’il est aussi limité que les autres sur le papier.
De son côté, Samuel L. Jackson n’était pas un bon choix. Je suis catégorique, car il porte beaucoup trop de coolitude en lui pour interpréter un chef de guerre amer. J’aurais aimé que la production aille vers des choix plus nets de confrontation des générations, en allant chercher un comédien plus abîmé (dans le genre d’un Mel Gibson par exemple). Cela aurait appuyé le propos du passage à un nouveau statu-quo, une nouvelle façon de voir le monde.

 

En bref, bien qu’il lorgne vers l’aventure Vernienne et évoque la guerre du Vietnam de façon honnête, en piochant allègrement dans les plus grands tubes et films de l’époque, Skull Island est avant tout un produit de divertissement qui possède les mêmes travers que la plupart des productions super héroïque, dont il prétend reproduire la recette et le succès économique. La technique est là mais on reste toujours en surface.
Si vous êtes fan d’effets spéciaux, de tous les films de singes, comme moi, ou encore de catch, ne le ratez surtout pas sur grand écran. Mais si vous y allez, allez-y pour Kong !

 

C’est un peu le drame de notre époque cinématographie : parvenir à créer des personnages numérique tellement réussis qu’ils arrivent trop souvent à détrôner les acteurs réels sur qui notre identification et notre réflexion devrait se porter en premier lieu.

 

 

 

 

 

 

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