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GRAVE, la critique

21/03/2017

Que se passe-t-il lors qu’une jeune réalisatrice, issue de la formation classique française, s’essaie au film de genre ? Un espoir de nouveauté, d’originalité, un regard nouveau sur le cinéma d'épouvante.

Issue d’une famille de vétérinaires, tous végétariens, Justine fait son entrée dans une grande école pour poursuivre la tradition familiale. Au mépris de ses opinions, on l’oblige à manger un morceau de viande. De là, sa véritable nature va se révéler.

 

Déflorons immédiatement cette critique, c’est très largement raté. Pour plusieurs raisons.

Tout d’abord, Julia Ducournau, la réalisatrice, profite de l’occasion de ce premier film pour partager avec nous les traumatismes et les angoisses de ses jeunes années. Rien de grave en soit, tout récit pertinent part plus ou moins d’une expérience vécue. Le problème ici, c’est le biais “fantastique” qui demande une certaine subtilité. Dans ce genre, la reformulation est indispensable. La démarche est de créer un contexte surréaliste pour explorer des thématiques et problématiques bien réelles.
Un exemple : Le Garçon et la Bête de Mamoru Hosoda, ou un jeune garçon est adopté par un homme chien, afin d’explorer la bestialité de la masculinité et la difficulté de grandir et de devenir père. Une totale réussite.
Contre-exemple : Monsters de Gareth Edwards, où deux jeunes adultes doivent traverser un Mexique dévasté par une invasion Alien pour regagner les Etats Unis. En clair, enlevez l’expression “une invasion alien”, pour mettre “une guerre” et cela ne change rien au film. Il n’y a donc aucune pertinence à utiliser le fantastique.
Pour Grave, c’est exactement le même problème. Ce film nous raconte la découverte du sexe, de la drogue, de la féminité, à l’entrée des pensionnats des écoles supérieures, sans aucune valeur ajoutée fantastique réelle. D’une part c’est clivant pour ceux qui ne sont pas franchement familiers de l’univers révoltant et vulgaire des bizutages, d’autre part, c’est une histoire en soi, il est totalement superflue d’y coller un faux propos pseudo-surnaturel.

Evidemment, le film explore d’autres pistes, comme l’intégration ou la tradition familiale, mais là viennent se loger d’autres maladresses.

 

Ensuite, Grave est criblé de références au cinéma fantastique absolument pas digérées et hors de propos. Concrètement, on vient citer allègrement les filmographies de Romero, Argento et Cronenberg sans que cela n’apporte rien de concret au récit. Ca n’est pas une démarche, c’est ce que l’on appelle du copier coller.

 

Enfin, ce long métrage se paie le luxe d’un twist complètement raté, car prévisible dès les toutes premières minutes, même vierge de toute bande annonce ou résumé.


Alors que reste-t-il ? Une honnêteté des jeunes acteurs qui forment le casting. Garance Marillier est très convaincante dans ce rôle de jeune femme qui découvre son corps, malgré la longueur de beaucoup de scènes et les regards “à la Shining”, que la réalisatrice lui a très probablement réclamé.

 

 

 


De Julia Ducournau


Avec Garance Marillier, Ella Rumpf, Rabah Naït Oufella...
Genres : Epouvante-horreur, Drame
Nationalités : France, Belgique

Durée : 1h 38min


Date de sortie 15 mars 2017

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