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POWER RANGERS, la critique

17/04/2017

Ce qui m'a le plus manqué pendant ce film, c'était un grand bol de céréales.

 

Dans la toute petite ville d'Angel Grove, loin de tout, cinq adolescents en quête de but vont se voir confier le destin de l'humanité. Sous l'identité des Power Rangers, ils devront combattre le mal. Pour cela, ils devront dépasser leurs différences pour former une véritable équipe.

 

Plus de vingt ans après cette précieuse matinée des années 90 où je découvrais pour la première fois les aventures de Jason, Billy, Trini, Zack et Kimberly, j'ai pu re-découvrir dans cette nouvelle version des Power Rangers toutes les qualités qui m'avaient marquées à l'époque. Et c'est avec un plaisir très coupable que j'ai pu constater que les soit disant défauts de la série n'avaient pas été sacrifiés non plus. Ce film porte bel est bien l'ADN de la série dont j'ai la nostalgie.

 

Au premier abord, certains bougons diront que cette licence s’inspire du genre des films de super héros à la mode, je répondrais justement que c’est Power Rangers qui a tout inventé.

Pour cause, ici c’est bien plus maîtrisé. Par exemple, pour les citer une fois de plus, au titre qu’ils sont malheureusement le modèle incontournable du cinéma actuel, les films Marvel ont pour principal défaut de détruire systématiquement toute construction dramatique par un gag. Dans Power Rangers, l’équilibre est tout autre. Il y a un temps pour le fond, un temps pour le drame, et un temps pour les vannes. Ici on s’attache beaucoup à provoquer l'empathie, à ce que l'on s'identifie. De par sa structure de formation d’équipe, à travers un casting de visages inconnus, de couleurs et de sexes différents, ce film est profondément inclusif pour le spectateur. Ca n’est pas un drame shakespearien, bien sûr, mais comparativement aux productions dont j’ai parlé plus haut, on va bien plus au fond des choses.
 

La difficulté dans l’entreprise Power Rangers, c’est de réussir à trouver l’équilibre précaire entre le second degré assumé du Sentai, et un premier degré qui permet de transmettre véritablement un certain nombre de valeurs au jeune public (ou aux trentenaires attardés dans mon genre).

Ici, tous les personnages sont logés à la même enseigne. À travers une référence évidente à Breakfast Club, on nous fait d’abord croire à une présentation de stéréotypes pour ensuite nous montrer que chacun de ces adolescents connait ses propres difficultés face à la vie. Chaque personnage porte sa fêlure, mais tous sont traités sur un même plan d’égalité, et chacun trouvera une manière de faire bénéficier le groupe de sa singularité. Tous les divertissements pour enfants des années 90, venu du Japon ou des Etats-Unis, ont constamment tourné autours de ce concept du “pouvoir de l’amitié”. Face au cynisme, devenu la norme aujourd’hui, je suis très satisfait qu’on prenne encore le risque de construire un récit autour de cette idée.

 

Bien évident, sous un aspect un peu grisâtre, et bien qu’on ait abandonné les justaucorps, Power Rangers reste un Sentai, avec tout ce que cela compte d’innocence et de maladresse.

Ainsi, on a droit à une antagoniste au rire démoniaque, Elizabeth Banks totalement théâtrale dans la peau de Rita Repulsa ; ainsi qu’à un mentor à la gravité outrancière, Zordon, sous les traits de Bryan Cranston.
Dans le rôle des Rangers, cinq visages nouveaux, tous attachants à leur manière, qui donnent pour une fois l’impression d’avoir l’âge de leur personnage. L’enthousiasme des comédiens est palpable, et peu à peu on commence à croire à la formation de cette équipe.
On retrouve également d’autres ingrédients qui ont fait le sel de la série, comme les poses de combats, les doubles ou triples coups de pieds et évidents les références de couleurs dans les tenues civiles des Rangers. J’admets néanmoins que pour ce qui est des robots géants, j’aurais aimé un peu plus de générosité lors du combat final.
Certains nostalgiques regretteront peut-être aussi le redesign des premières armures, ou encore des Zords. Mais il me semble qu’il est justement dans la tradition de Power Rangers de se réinventer constamment (dans le but de vendre de nouvelles figurines articulées, je ne suis pas naïf !).


Pour résumer, non, Power Rangers n’est pas le film de l’année, mais c’est probablement le meilleur film que l’on pouvait faire à partir de la licence. La production a réellement cherché à respecter l’esprit du matériel d’origine, avec ses qualités et ses défauts. II s’adresse avant tout à la génération 90, et il est nécessaire d’enfiler les lunettes de la nostalgie pour profiter pleinement du spectacle. Quoi qu’il en soit, là où Michael Bay s’était amusé à piétiner mon enfance avec ses Tortues Ninja, j’attends avec impatience la suite des aventures de Jason, Billy, Trini, Zack et Kimberly… et en espérant l'arrivée de Tommy !  >,<

 

 

 
De Dean Israelite

 

Avec Dacre Montgomery, RJ Cyler, Naomi Scott, Becky G, Ludi Lin, Elizabeth Banks, Bryan Cranston...
Genres : Action, Aventure, Science fiction
Nationalité : USA
Durée : 2h04min

 

Date de sortie 5 avril 2017

 

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