CESSEZ-LE-FEU, la critique


“Cessez-le-feu !” Et après ?


Quelques années après la première Guerre Mondiale, le quotidien doit reprendre peu à peu ses droit. Mais la vie peut-elle être comme avant quand chaque citoyen d’une nation a été confronté à l’horreur ?


A travers l’histoire de deux frères, Marcel et Georges, Cessez-le-Feu nous raconte avec beaucoup de pragmatisme ce qu’a été l’après guerre. A travers le récit terre-à-terre de la poursuite de l’existence de ses personnages, Emmanuel Courcol parvient à entrer dans l’intimité d’une France qui a dû trouver la force de se reconstruire. Ce long métrage excelle dans sa volonté d’aborder tous les sujet, de traiter pleinement le problème au travers de ses multiples points de vue. Celui des survivants, celui des estropiés, des veuves, des mères ou encore d’une nouvelle génération trop jeune pour avoir été appelée. En effet, comment reconstruire une vie lorsque l’on a vu beaucoup de ses proches tomber et que l’on a affronté sa propre mort au rythme incalculable de la chute des obus ? Il a fallu se remettre au travail, fonder de nouvelles familles, pardonner à la France, et surtout soigner ses traumatismes. Bref, retrouver une place dans la société fracturée.


A la tête de ce casting, Romain Duris, incarnant une fois de plus “le français”, archétype cinématographique assez réaliste du “gaulois” pétri de contradictions. Ainsi, il interprète brillamment un ancien capitaine en totale rupture avec ce que cette guerre, et son pays, lui ont fait. Face à lui, Gregory Gadebois, impeccable en frère abimé, victime physique de ce conflit. De part sa bonhomie, et malgré son mutisme, il incarne toute la volonté innocente d’avancer.

On trouve également Céline Sallette qui, après Corporate, montre une palette plus tendre de son jeu, mais une fois de plus un personnage de femme forte à laquelle elle ajoute un soupçon de fragilité. Julie-Marie Parmentier, Maryvonne Schiltz et Wabinlé Nabié viennent compléter ce casting en apportant toujours une vraie authenticité.


Cessez-le-Feu n’est certainement pas un film à grand spectacle, mais il reste ambitieux de part la reconstitution de l'époque et le voyage qu'il propose. Il organise ses longueurs, prépare ses effets, toujours pour nous raconter ce retour au calme qui ne parvient pas à effacer totalement le souvenir de la terreur. Il est interdit d’oublier, interdit de croire que cela ne pourrait pas recommencer.



De Emmanuel Courcol

Avec Romain Duris, Céline Sallette, Grégory Gadebois... Genre : Drame Nationalités : France, Belgique

Durée : 1h43min

Date de sortie : 19 avril 2017


© 2017 Les Critiques de Nico. Créé avec Wix.com

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