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WONDER WOMAN, la critique

16/06/2017

Wonder Woman est-il, comme on peut le lire partout, le meilleur film DC de ces dernières années ?

 

Elevée sur l’île paradisiaque de Themyscira, Diana est la princesse de Amazones, peuple mythologique exclusivement féminin, créé pour maintenir la paix sur Terre face au dieu de la guerre, Arès. Elevée parmis les guerrières, elle porte un jour secours à un homme qui bientôt la conduira à quitter son île pour accomplir son destin. Au delà du dôme protégeant ce sanctuaire, la Première Guerre mondiale fait rage.

 

Wonder Woman est l’un des personnages fondateurs, et l’un des plus célèbres et importants du monde des superhéros. Crée en 1941 par Charles Moulton, elle forme au côté de Superman et de Batman, la Trinité, trio qui assure conceptuellement et scénaristiquement l’équilibre du DC Universe.

Ainsi il ne pouvait exister de DC Universe au cinéma sans, enfin, la production d’un film autour de Wonder Woman. La tâche était absolument ardue, car contrairement à ses homologues masculins, elle ne possède pas de traumatisme fondateur à sa destinée de justicière.

Hors de tout temps, elle est une héroïne immuable, portée par des valeur sur lesquelles les aléas de notre époque n’ont que peu d’influence. En effet, ses origines, qui peuvent paraître désuètes aujourd’hui, dans l’époque au combien cynique que nous vivons, n’ont que très peu changé au fil des presque huit décennies qui nous sépare de sa création.

La Warner et Patty Jenkins ont fort heureusement faits le choix de respecter cet aspect essentiel du personnage, en prenant l’énorme risque de produire un film qui puisse paraître ringard de par les principes qu’il met en avant.

 

Wonder Woman adopte donc un ton très léger, pour nous raconter une des périodes les plus noires de notre histoire. Pour se faire, Patty Jenkins, la réalisatrice, choisit de découper son film en deux parts distinctes avant de les entremêler.

 

Dans un premier temps, le monde des Amazones où l’on nous présente une société guerrière, ultra esthétisée dans les costumes, les décors et surtout dans une manière de se battre qui se veut plus chorégraphique et donc plus féminine. On baigne dans la lumière, la propreté et la beauté. J’indiquerai déjà que Patty Jenkins parvient, malgré quelques plans beaucoup trop posés, à ne pas sexualiser les Amazones. Elle sont féminines sans excès, souvent charismatiques, et restent belles sans tomber dans le travers de la mise en scène d’objets sexuels. C’est d’ailleurs l’occasion trop rare d’offrir à des femmes de 50 ans des rôles importants, ici Connie Nielsen et Robin Wright, respectivement dans les rôles de la reine Hyppolyte et d’Antiope.

 

Ensuite, ce joli monde, à travers le personnage de Diana, se retrouve projeté dans celui des humains, recouvert de ce gris qui caractérisait l’ambiance du film Man Of Steel . L’or et le marbre grecs laissent place à la poussière, les villes éventrées et les blessures des soldats.

Un des principaux intérêt de ce long métrage se trouve dans la confrontation de ces deux univers, mais surtout la façon dont Diana va peu à peu influencer le monde des hommes par son action, sa détermination et sa vision bien précise de la justice. Les personnages candides se caractérisent par cette capacité à ne pas se laisser influencer par les épreuves que le monde placent devant eux. Ils ont une volonté inaltérable, au mépris de toute contradiction. Et bien souvent l’on s’aperçoit que leur innocence, armée de valeurs inaliénables leur permet de voir bien au delà du regard de leurs prochains.

 

Cette confrontation d’univers donne lieu à quelques gags bienvenus, décalés, sans outrance. Le fan service n’est pas très présent non plus. Il se résume principalement à quelques références affectueuses à Clark Kent. En clair, on a décidé de faire du Wonder Woman et de ne faire que ça. La démarche est honnête, quoique limitée pour un film de 2h20.

Gal Gadot est très convaincante dans le rôle titre. Elle incarne parfaitement la douceur, la droiture, l'élégance mais également la charisme (ici naissant) du personnage. De plus, elle avait déjà démontré avec Batman V Superman combien elle sait tenir tête face à deux grands gaillards comme Henry Cavill et Ben Affleck. Néanmoins il faut admettre que l’on atteint parfois les limites de son jeu, et que l’on exploite énormément, à l’excès, ses talents de mannequin. Je pense que c'est une comédienne qui a besoin d'une vraie direction d'acteur, de répétitions, et ici elle semble parfois un peu perdue dans le cadre, sans savoir trop quoi faire. Néanmoins, je ne pense pas qu'elle en soit responsable. En effet , le film souffre d'un gros problème de montage qui l'handicape énormément . Le jeu semble manquer d’énergie, certaines scènes traînent énormément en longueur, d’où un gros problème de rythme.
Chris Pyne, avec sa bonne gueule, est l’interprète idéal à mettre face à Gal Gadot. Loin de l’actioner classique, il ne cherche jamais à écraser l’interprète féminine qu’il a en face de lui. Il sait que c’est elle le rôle principal et qu’il doit la mettre en valeur. Il assume avec plaisir son second rôle.

Pour aller plus loin dans la technique, les cadrages sont souvent assez pauvres, les chorégraphies hasardeuses, hormis les scènes d’action clés qui semblent avoir été supervisées par Snyder, ou du moins l’équipe créative de Justice League.
Pour ce qui est des effets spéciaux, ça pique parfois les yeux, à se demander si la Warner n’a pas un peu serré la vis en terme budgétaire, de peur d’assister à un naufrage économique après les échecs passés de film de super héroïques féminins.
En résulte, un film qui part un peu dans tous les sens visuellement, qui a un peu de mal à trouver son style, sans aller franchement dans une direction précise. J’aurais aimé, pour ma part, une réalisation plus classique, intimiste, comme le laisse entrevoir certaines scènes.

 

Enfin, pour ce qui est de la place de ce film dans le DC Universe, on établit ici le fait que celui-ci possède un passé, un présent, un futur, ainsi qu’une géographie. Probablement les éléments les plus importants. Les super héros DC vivent leurs aventures dans un monde globalisé qui a pu connaître des événements historiques proches des nôtres, et où la Terre a systématiquement un rôle central dans le Multivers. Il existe à plusieurs époque et à plusieurs échelles.

Tout ne se limite pas à New York, et chaque personnage possède sa ville propre (Themyscira, Gotham, Metropolis,...) lui permettant d’évoluer dans un environnement qui lui ressemble, mais qui possède également ses propres codes. En effet, il suffirait que Batman et Superman échangent leur ville quelques jours, et le crime serait éradiqué. Mais ça ne fonctionne pas comme ça, et les règles, chez Wonder Woman, sont que l’Amour et la Justice les plus pures doivent triompher.

Alors, on entend dire que la Warner tâtonne et abandonne peu à peu l’aspect sombre des premiers films mais c’est, je pense, assez faux. C’est ne pas comprendre l’enjeu scénaristique de l’apparition des super héros et la formation de la Justice League. Man Of Steel était un film déjà bien plus dramatique que ne l’était Batman V Superman, et l’arrivée de Wonder Woman et les premiers visuels de Justice League annoncent clairement un futur plus lumineux. Selon moi, il y a plus d’ambition et de cohérence dans l’univers DC en construction qu’il n’y paraît pour le moment.

 

Pour conclure, je connais par coeur cette histoire. J’ai clairement le sentiment que le cahier des charges est rempli, que tout est raconté, mais je ne viens pas pour ça. Je veux que l’on me raconte cette histoire de la meilleure des façons, avec une vraie vision d’auteur. Là, j’aurais considéré Wonder Woman comme le grand film classique qu’il aurait mérité d’être. Il tient la route, il participe pleinement à la construction du DC Universe, mais il manque un peu de folie et surtout de maîtrise. Il est bon, mais il n'est clairement pas le meilleur film DC de ces dernières années. 

 

 

 
De Patty Jenkins


Avec Gal Gadot, Chris Pine, Connie Nielsen, Robin Wright...
Genres : Action, Aventure, Fantastique
Nationalité : USA

Durée : 2h21min

 

Date de sortie : 7 juin 2017

 

 

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