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LA MOMIE, la critique

20/06/2017

Il se produit parfois ce phénomène étrange où des films de qualités égales se font l’un encenser ou l’autre détruire, sans qu’aucune forme d’explication objective n’émerge, sans qu’aucune subjectivité face à une oeuvre de fiction ne puisse prendre position. Ces derniers jours, La Momie de Alex Kurtzman se fait absolument laminer, tout organe de presse confondu, dans une perte totale de bon sens. La chasse est ouverte à qui serait responsable du naufrage incommensurable que fait connaître l’échec de ce film à l’Industrie Cinématographique toute entière !! En tout cas c’est ce que laisse entendre cet étrange acharnement...

 

Irak, de nos jours… Nick Morton, pilleur de vestiges archéologiques, irresponsable, casse-coup exécrable mais néanmoins attachant, fait la découverte d’une sépulture égyptienne, bien loin de l’Egypte. Très vite, on comprend que cette sépulture ressemble d’avantage à une prison maudite qu’à un lieu de repos éternel.

 

Comment peut-on reprocher à Tom Cruise de faire du Tom Cruise ?

Si vous n’aimez pas Mission : Impossible, passez votre chemin, parce que La Momie reprend dans les grandes lignes ce qui fait la structure caractéristique de la saga portée par Tom Cruise : le leader dynamique, à la fois leader et solitaire, les rôles de soutien féminins et masculins, l’organisation secrète, la course à pieds, la cascade centrale, etc…

Et pour cause, La Momie a pour réalisateur Alex Kutzman, scénariste de Mission : Impossible 3 et pour co-scénariste Christopher McQuarrie, déjà auteur de Walkyrie, Jack Reacher, Edge Of Tomorrow, Mission : Impossible 5 et 6. Alors, oui, on est plutôt dans le style Ethan Hunt, qui cela peut-il surprendre ?! 

 

Alors peut-être que ce que l'on reproche à ce film, c’est de vouloir lancer un énième univers étendu ? Il faut simplement rappelé qu’historiquement la Universal a toute légitimité pour le faire, étant donné la production de House of Frankenstein dès 1944, qui voyait déjà s’affronter certains monstres célèbres.  

Non, La Momie est simplement un petit film d’aventure fantastique, pas un blockbuster ayant pour objectif de taper le milliard de dollars au box office.
Il remplit d’ailleurs assez bien son objectif, malgré un rythme un peu lent, qui cherche un peu son souffle entre mystère et humour, atmosphère pesante et film d’action pur.

Après Star Trek, et surtout Kingsman, il est plaisant de retrouver la comédienne franco-algérienne, Sofia Boutella, qui obtient, aux Etats-Unis, des rôles que personne ne lui propose en France, de par ses origines, qui plus est, dans un cinéma de genre quasi-inexistant en France. Interdiction, donc, de crier “cocorico” cette fois-ci. Très appropriée dans le rôle de la beauté damnée, on exploite une fois encore ses capacités physiques, notamment ses compétences en tant que danseuse classique, puis Hip-Hop. Elle est soutenue par des effets spéciaux qui, sans être révolutionnaires ou sensationnels, n’en restent pas moins efficaces, voir assez répugants.

On retrouve, dans les seconds rôles, Annabelle Wallis et Jake Johnson (par qui passe un hommage direct au Loup Garou de Londres de 1981), mais surtout Russel Crowe, très convaincant dans un rôle dont je ne souhaite pas dévoiler la teneur, si certains l’ignorent encore. Je dirais simplement que sa bonhomie rafraîchissante n’a d’égal que la virulence de sa mauvaise humeur.

 

J’admets que j’ai surtout fait, ici, la critique de la critique, mais il y a quelque chose que l’on peut reprocher assez justement à ce film. C’est que dans un calme absolu, Tom Cruise tente d’adapter Uncharted au cinéma. Un chasseur de trésor immature, accompagné d’un fidèle ami qui le connait par coeur, ainsi que d’une jeune femme qui prend les choses bien plus au sérieux, çela rappelle très exactement les aventures de Nathan Drake. Evidemment, l’aspect fantastique du genre “momie” vient renforcer tout ça. Si l’on rajoute le fait que Cruise se ballade plus aisément avec un AK47 qu’avec le petit nécessaire de l’archéologue, et que la scène clé du film est le crash d’un avion (à laquelle la séquence d’ouverture de Mission Impossible Rogue Nation faisait déjà un "clin d’oeil" appuyé), il devient très difficile de nier l’évidence

Avec en bonus, une scène de nage en apnée interminable qui m’a directement rappelé les plus belles heures de Tomb Raider.

Dans son personnage habituel de Ethan Hunt, Cruise a voulu insuffler un peu de la légèreté de Nathan Drake. Ca n’est pas un défaut en soit mais c’est assez malhonnête, il faut l’admettre.

 

Pour conclure, je pense qu’il serait pertinent de juger un film de série B en tant que tel. Non, aujourd’hui un film à 125 millions de Dollars ne fait plus partie du haut du panier (à titre de comparaison, le dernier Pirates des Caraïbes en aurait coûté 100 de plus). Il est d’ailleurs en passe de presque tripler cette mise. La Universal a fait le choix le plus simple, probablement le plus intelligent, de faire appel à la troupe de Cruise afin de produire un succès comparable à Mission : Impossible, avec un budget équivalent. La recette n’est pas parfaitement transposable, mais le contrat est rempli. Le studio a payé pour du Tom Cruise, il a eu du Tom Cruise. Le résultat n’est pas extraordinaire, mais il tient très bien la route, et après la tentative injustement avortée de Dracula Untold, il était temps d'allumer la mèche une fois pour toute. Et personnellement, c’est ce que je suis venu voir. Pas un remake du travail de Brendan Fraser, Christopher Lee ou encore Boris Karloff. J’ai tout loisirs de revoir ces films, tout comme je reverrai La Momie de 2017, sans me prendre la tête, même si cela doit en faire un plaisir coupable.  

 

 

 

 

De Alex Kurtzman

 

Avec Tom Cruise, Sofia Boutella, Russel Crowe, Annabelle Wallis...

Genres : Fantastique, Aventure, Horreur

Nationalité : USA

Durée : 1h51min

 

Date de sortie 14 juin 2017

 

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